Face aux tensions persistantes à l’Est de la RDC, Jean-Jacques Purusi, gouverneur du Sud-Kivu, plaide pour un dialogue direct entre les parties prenantes, avec un rôle central pour l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). C’est devant les députés français de la commission des affaires étrangères que l’autorité provinciale a exprimé sa vision d’une sortie de crise durable.
Pour Jean-Jacques Purusi, la solution passe par une rencontre entre les dirigeants. « Il faut que Kadame et Tshiseke discutent entre eux. Il faut que les équipes du AFCM23 discutent avec les équipes de notre pays, de notre gouvernement. Et tout ça doit se faire par une facilitation de certaines organisations qui connaissent l’histoire de la sous-région et dont nous sommes membres. Je pense particulièrement à l’Organisation Internationale de la Francophonie. Je pense que c’est vraiment une très, très belle opportunité », a-t-il déclaré.
L’initiative du gouverneur repose sur l’idée que l’OIF, en tant qu’espace de démocratie et de bonne gouvernance, peut incarner un cadre propice pour apaiser les tensions. Il rappelle également que la RDC, pays francophone le plus peuplé au monde, a soutenu l’élection de Louise Mushikiwabo, secrétaire générale rwandaise de l’OIF, et que cette coopération doit désormais porter ses fruits dans la résolution du conflit.
Dans sa proposition, Jean-Jacques Purusi envisage une conférence régionale réunissant les gouverneurs des provinces frontalières de la RDC, du Rwanda, du Burundi et de la Tanzanie. « Qu’on se mette ensemble, qu’on associe les intentions des femmes, des jeunes et des droits de l’homme, la société civile, pour qu’on réfléchisse sur comment on peut accompagner les mécanismes, que la guerre ne nous amène à rien, et on ne peut que réussir tous ensemble », a-t-il souligné.
Le gouverneur n’a pas manqué de rappeler que le conflit est en grande partie alimenté par les ressources naturelles de la région. « On se bat pour le minerai. Et la preuve, c’est que la cartographie de la progression de l’armée rwandaise à l’intérieur du Sud et du Nord-Kivu suit la cartographie et le positionnement des sites miniers », a-t-il dénoncé, citant notamment la réserve mondiale de coltan à Walikale et les exploitations minières de Twangiza, Kamituga et Lugusha.
Pour Purusi, la participation de toutes les parties prenantes, y compris le Rwanda, les États-Unis, l’Ouganda, la France et les communautés locales, est essentielle pour instaurer un partenariat « gagnant-gagnant » et mettre un terme aux violences récurrentes.
Jean-Jacques Purusi appelle également au respect de l’Accord cadre d’Addis-Abeba, signé par les chefs d’État de la région, comme base de tout dialogue. Pour lui, ce texte demeure le seul cadre consensuel capable de poser les fondations d’une paix durable.
Un appel à l’action, face à une communauté internationale souvent divisée sur la question.
Osée MABIALA