Olivier Kamitatu, ancien compagnon de Jean-Pierre Bemba au sein du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), a vivement réagi aux multiples accusations de ce dernier à l’encontre de Joseph Kabila, Moïse Katumbi et la CENCO.
Dans un message vidéo publié sur X, Kamitatu adopte un ton incisif. Pour lui, il n’est pas question de « polémique »: le silence face « à la calomnie est un crime ». « Lorsqu’un homme d’État profère un mensonge, il devient un poison public », martèle-t-il, avant de souligner que « le temps des masques est tombé ».
Les accusations de Bemba
Le 9 juin dernier, lors de son passage à l’émission « Face à Face » sur Top Congo, Jean-Pierre Bemba s’est livré à des accusations graves. « Il a accusé Moïse Katumbi, homme de paix, il a accusé Joseph Kabila, ancien chef de l’État, et il a osé accuser la CENCO, notre Église catholique, conscience morale de la nation. Il les a accusés de complots visant à éliminer le président de la République », rappelle Kamitatu.
Selon lui, « Bemba a construit, sans la moindre preuve, une fiction dangereuse, dans le seul but de semer la division ». Il estime que ces accusations relèvent de la « manipulation ».
Accuser la CENCO, affirme Kamitatu, revient à salir Mgr Fulgence Mutéba, insulter Mgr Donatien Nshole, les prêtres des paroisses, les enseignants des écoles catholiques et les personnels soignants des hôpitaux diocésains. « C’est tourner le dos au cardinal Fridolin Ambongo qui, jadis, a mis son honneur en jeu pour défendre celui-là même qu’il accuse aujourd’hui », ajoute-t-il, avant d’affirmer que Jean-Pierre Bemba « a franchi une ligne rouge ».
Affaire des cachettes d’armes
Par ailleurs, Bemba a affirmé que le chauffeur personnel de Moïse Katumbi avait révélé l’existence de caches d’armes à Mulunde. Pourtant, aucune vidéo ou preuve tangible ne vient étayer ces allégations. « Pendant qu’on cherche des cachettes imaginaires d’armes, Moïse Katumbi, lui, construit de véritables pistes », lance Kamitatu.
Il insiste sur le fait que Katumbi n’a pas fui le pays: « Il est parti librement avec l’autorisation de l’aviation civile, sous le contrôle de l’État et du gouvernement. Son passeport porte les cachets officiels de la DGM ».
Kamitatu qualifie l’affaire de Mulunde de « pure affabulation » et précise que « cette piste ne fait que 900 mètres et a été construite à la demande de la population pour transporter les malades ». Il cite aussi les réalisations de Katumbi, notamment l’aéroport Augustin Katumba à Pweto et la piste de Kashobwe, bien plus longue que celle de Mulunde, destinées à désenclaver ces régions.
Accusations de versements d’argent au Rwanda
Lors de son intervention sur Top Congo, Bemba a également évoqué des versements mensuels des millions de dollars au Rwanda durant les 18 ans de Joseph Kabila au pouvoir. Une affirmation contestée, notamment par le journaliste Lusakweno Christian, qui l’a démentie après vérification.
Kamitatu ironise: « Même les chiffres refusent d’y croire ». Il rappelle que « en 2001, le budget de l’État congolais était de 300 millions de dollars américains. En 2003, Jean-Pierre Bemba était vice-président chargé de l’Ecofin. Comment imaginer que chaque année, 800 millions de dollars se seraient évaporés vers le Rwanda? ». Il conclut fermement: « Tout cela, c’est de la pure fiction, du mensonge« .
Une scène politique sous tension
Olivier Kamitatu dénonce ce qu’il qualifie de « goût du chaos » chez Bemba et sa « tentation des armes ». « Jean-Pierre Bemba n’a jamais renoncé à la logique de la force, à la brutalité », affirme-t-il.
Il rappelle les épisodes marquants du parcours de Bemba: « Kisangani, Mambasa, Bangui, Kinshasa ».
MATSHI Darnell