Ce jeudi 3 juillet, dans le quartier Lembabo, à Bunia, ils étaient une soixantaine de jeunes, dont 31 jeunes femmes, réunis dans la salle de culte de l’église Parole de Vie. Objectif : comprendre, détecter, et combattre la désinformation. Une initiative portée par l’Association des Jeunes Chrétiens au Congo (AJCC), avec le soutien de la MONUSCO à travers sa Section des Communications stratégiques et de l’Information publique.
Le mot d’ordre : « Jeunesse informée : Ituri en paix ». Et le message a pris. Pendant près de trois heures, ces jeunes ont été formés sur les mécanismes de propagation des fausses informations, leur impact sur la paix sociale, la cohésion communautaire et même la sécurité dans la province.
Beaucoup ont découvert qu’ils étaient parfois eux-mêmes vecteurs de désinformation, sans le savoir. Une participante témoigne :
« Nous avions pris l’habitude de partager tout ce que nous recevions sans nous demander si c’était vrai ou faux. Jamais nous n’avions pensé qu’on pouvait vérifier l’information, par exemple auprès de la MONUSCO, pour connaître la vérité à la source ».
La session s’est voulue pratique : savoir repérer une source crédible, vérifier la date d’un contenu, identifier l’auteur, chercher des preuves. Autant d’outils simples, mais rarement appliqués. Un rappel aussi : en RDC, la désinformation est désormais passible de sanctions légales.
Mais la formation n’a pas accouché d’un simple carnet de notes. À Lembabo, les jeunes sont repartis avec un engagement : chacun d’eux devra sensibiliser au moins cinq personnes dans son entourage.
Joseph Rehema, membre de l’AJCC, parle d’un déclic :
« Cette sensibilisation nous a ouvert les yeux. Nous avons compris que la désinformation détruit des vies, alimente les conflits, encourage la haine et le tribalisme. Elle plonge la jeunesse dans la confusion et la peur. Désormais, nous devons changer de comportement, vérifier les informations avant de les partager, et privilégier les sources fiables comme les journaux, la radio ou la télévision. Car sur les réseaux sociaux, tout circule sans preuve ni auteur identifié ».
À Bunia comme ailleurs en Ituri, où les tensions peuvent flamber sur la base d’une simple rumeur, cette lutte contre la désinformation devient un réflexe de survie. Santé, politique, économie, sécurité… aucun secteur n’est épargné.
À Lembabo, une jeunesse se lève. Pas pour crier, mais pour vérifier.
Précieuse PETU