La déclaration de principes signée à Doha entre le Gouvernement de la République Démocratique du Congo et le mouvement rebelle AFC/M23 suscite diverses réactions au sein de la classe politique congolaise. L’opposant Jean-Marc Kabund-A-Kabund, président de l’Alliance pour le Changement, y voit un pas dans la bonne direction, mais insiste sur la nécessité d’un dialogue national plus large.
« Je note une avancée notable : le cessez-le-feu », a déclaré Kabund dans une publication sur son compte X. Saluant l’arrêt immédiat des hostilités prévu par l’accord, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale appelle toutefois à ne pas s’arrêter à cette étape. « Le cessez-le-feu obtenu ne doit pas être une fin en soi, mais plutôt une opportunité pour engager enfin un dialogue véritablement inclusif. Il y va de la paix durable et du respect des délais constitutionnels pour les prochaines élections », a-t-il souligné.
Pour Jean-Marc Kabund, cet accord, tout comme celui signé précédemment entre Kinshasa et Kigali le 27 juin dernier à Washington, ne saurait remplacer une concertation nationale impliquant toutes les parties prenantes. « Le gouvernement congolais doit comprendre qu’envisager de contourner cette exigence de dialogue national par un ‘accord de paix’ isolé avec le seul groupe armé AFC/M23 constituerait une grave erreur d’appréciation », a-t-il averti.
Dans sa déclaration, le président de l’Alliance pour le Changement rappelle que la crise sécuritaire à l’Est du pays dépasse largement le cadre du M23. « En tirant les leçons des échecs du passé, le dialogue inclusif devrait aborder la question sécuritaire de manière holistique, car celle-ci dépasse largement le cadre du seul M23 : on dénombre aujourd’hui plus de 260 groupes armés actifs à l’Est de la RDC », a-t-il expliqué.
Au-delà de l’aspect militaire, Kabund met également en lumière les fractures internes qui, selon lui, alimentent l’instabilité du pays. Il plaide pour un dialogue qui s’attèle aussi à « reconstruire la cohésion nationale mise à mal par les dernières élections chaotiques, la tentative de changement constitutionnel et l’intolérance politique qui gangrène la gouvernance actuelle ».
La déclaration de Doha, facilitée par l’État du Qatar et saluée par plusieurs partenaires internationaux, dont l’Union africaine et les Nations Unies, prévoit un cessez-le-feu permanent, le retrait progressif du M23, une réinsertion des combattants, ainsi qu’un mécanisme de retour sécurisé des déplacés. Elle ouvre la voie à un accord de paix global attendu d’ici le 17 août 2025.
Mais pour Kabund, seule une approche inclusive permettra d’ancrer ces engagements dans une dynamique durable.
Osée MABIALA