RDC–AFC-M23 : le Gouvernement dévoile les contours d’un accord de paix attendu pour l’Est

Le Gouvernement congolais a franchi un nouveau palier dans la recherche de la paix dans la partie Est du pays. Lors d’un Special Briefing Presse tenu ce lundi 21 juillet 2025 au Studio Maman Angebi de la RTNC, le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, et le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, ont éclairé l’opinion sur les grandes lignes de la Déclaration de principes signée à Doha, et sur les perspectives de l’accord de paix global attendu dans les semaines à venir.

« Nous avons convenu, sous la médiation du Qatar, de tourner la page des différends, en nous engageant sur un chemin de dialogue et de compromis », a déclaré Jacquemain Shabani, annonçant le retour des délégations à Doha dans huit jours pour poursuivre les négociations. Il a indiqué que « si tout va bien, un accord de paix pourrait être signé dans les mois à venir », après la déclaration de principes du 19 juillet, considérée comme la « pierre angulaire des pourparlers en cours ».

Au cœur des engagements du gouvernement figure la restauration de l’autorité de l’État dans les zones occupées. « La déclaration signée prévoit notamment la restauration de l’autorité de l’État », a souligné Jacquemain Shabani. Cela implique le retour de l’administration publique dans les territoires encore contrôlés par la rébellion.

Dans un souci d’apaisement, des mesures humanitaires sont également envisagées. Le Vice-Premier ministre a évoqué « la relaxation progressive des détenus d’une part et d’autre », précisant que du côté congolais, cela concerne « les FARDC, des civils, des responsables de l’administration publique, des acteurs politiques et des défenseurs des droits humains ».

Sur la question du mixage des troupes rebelles, le ministre Muyaya a été clair : « Toute intégration éventuelle des combattants dans les FARDC et la PNC s’effectue de manière rigoureuse, individualisée et confidentielle, au cas par cas ». Il a précisé que seuls les profils répondant aux « critères clairs, y comprenant l’aptitude physique et morale », et respectueux du droit humanitaire et de la souveraineté nationale, pourraient être considérés.

S’adressant aux professionnels des médias, Patrick Muyaya a appelé à une couverture rigoureuse et responsable du processus : « La presse doit jouer son rôle de quatrième pouvoir et éviter de relayer le discours de l’ennemi sans la moindre vérification ». Il les a invités à une lecture approfondie des textes adoptés, parmi lesquels il a cité « la déclaration de Doha du 18 mai, le communiqué conjoint du 23 avril, la déclaration de principes de Washington du 25 avril, l’accord de Washington du 27 juin et la déclaration de principes du 19 juillet ».

Jacquemain Shabani a retracé les étapes diplomatiques du processus, depuis la rencontre de mars entre les présidents Tshisekedi et Kagame à Doha, jusqu’au cessez-le-feu du 23 avril. Il a souligné que la médiation avait permis « une meilleure compréhension des dynamiques du conflit », ajoutant que « les discussions de Doha ne sont pas un acte isolé ».

Par ailleurs, une réunion tripartite entre le HCR, la RDC et le Rwanda est en préparation pour aborder la question sensible des réfugiés, jugée cruciale pour une paix durable.

Pour les autorités congolaises, l’enjeu est d’aboutir à une paix réelle et inclusive, sans céder sur les principes. « L’objectif est clair : obtenir une paix définitive, sans compromis sur la souveraineté nationale », a insisté Patrick Muyaya.

Et d’ajouter : « La paix ne doit pas être un marché de dupes. Elle doit être réelle, durable, et bénéfique pour les populations meurtries de l’Est », a conclu le porte-parole du gouvernement.

Osée MABIALA

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts