Le gouvernement congolais, par la voix de son porte-parole Patrick Muyaya, a exprimé son refus de participer à la conférence sur la paix et la sécurité organisée du 3 au 6 septembre par la Fondation Thabo Mbeki. Il juge cette initiative « inopportune » et « informelle ».
La Fondation Thabo Mbeki a invité des parties prenantes à la crise congolaise à Johannesburg, en Afrique du Sud, pour un dialogue informel sur la paix et la sécurité. Gouvernement, société civile, opposition, groupes armés, religieux… tous sont conviés. Mais Kinshasa a d’ores et déjà fermé la porte à cette initiative.
Pour le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, cette rencontre n’est ni prioritaire ni adaptée au contexte actuel. « Quoi qu’il en soit, c’est une initiative informelle qui ne peut nullement nous intéresser », a-t-il déclaré, tout en rappelant les propos jugés offensants de l’ancien président sud-africain. « Le retour de la paix, nous nous souvenons tous des déclarations qui ont été tenues par le président Mbeki, des déclarations malheureuses qui ont illustré une forme de méconnaissance de la crise actuelle ».
Le ministre de la Communication et des Médias a souligné que le gouvernement congolais est déjà engagé sur plusieurs fronts pour restaurer la paix. « Nous sommes déjà engagés dans un processus bilatéral avec le Rwanda à Washington, dans un processus avec les supplétifs (AFC-M23), notamment dans ce qui se fait à Doha », a-t-il indiqué. Sur le plan interne, il a rappelé les démarches de consultation initiées par le président Félix Tshisekedi avec les différentes confessions religieuses. « Vous avez vu qu’à la suite de la rencontre que le président de la République avait initiée, avec d’abord des consultations nationales, mais aussi les discussions qu’il avaient eues avec l’ ECC-CENCO… toutes les confessions religieuses se sont mises ensemble. Ils ont proposé une feuille de route … Nous sommes déjà engagés sur trois pistes pour nous conduire à la paix. On n’a pas besoin de pistes supplémentaires, surtout pas par celui qui est perçu comme partisan », a martelé Patrick Muyaya.
Le porte-parole du gouvernement estime que les véritables causes de la crise sont bien identifiées et que les démarches en cours y répondent déjà. « Il ne faut pas oublier que la nature de la crise que nous connaissons, elle est d’abord sécuritaire, du fait de l’agression du Rwanda, et que celle-là est bien prise en charge par les processus de Washington et de Doha », a-t-il insisté, en soulignant que l’ouverture du gouvernement à certaines figures de l’opposition ou de la société civile est un autre signe d’inclusivité.
Patrick Muyaya a par ailleurs écarté toute participation des institutions congolaises à ces discussions. « Ça ne nous intéresse pas et il n’y a aucune personnalité dans les institutions actuelles, ni le conseiller spécial du président de la République, encore moins le président de l’Assemblée nationale, qui ne pourra participer à ces discussions », a-t-il fait savoir.
Osée MABIALA