La Commission d’Intégrité et de Médiation Électorales (CIME) vient de publier, ce vendredi 11 avril 2025, son analyse de la feuille de route du processus électoral 2025-2029 de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Loin de revenir sur la critique des élections de 2023, la CIME a, dans sa déclaration lue par son président Idryss Katenga, félicité cette initiative de la Centrale électorale et formulé des recommandations.
Dans le document, la CIME appelle la CENI à mettre en bonne place l’éducation civique et électorale ainsi que la sensibilisation des électeurs. Elle rappelle que la CENI, en vertu de la loi, est la seule institution responsable de garantir une mobilisation effective des citoyens. Selon la CIME, il est impératif de tirer les leçons des processus précédents, marqués par une faible participation, des violences électorales et des incidents liés à une sensibilisation insuffisante.
Analyse de la feuille de route
Pour la CIME, cette feuille de route constitue un « rappel fort du mode de conquête de pouvoir démocratique tel que consigné dans le pacte républicain de Sun City et repris par la Constitution ». En l’absence de toute mention d’un référendum, elle considère que le document publié par la CENI met un terme au débat sur une éventuelle révision ou changement de la Constitution, une controverse qui a, selon elle, « pollué l’environnement politique du pays depuis 2024 ».
La CIME perçoit également cette feuille de route comme un appel à toutes les parties prenantes à assumer leurs responsabilités. Elle invite les acteurs politiques et sociaux à s’engager dès maintenant dans le processus, afin d’éviter « la précipitation » qui a souvent caractérisé les échéances précédentes. De plus, elle salue la volonté de la CENI d’éviter tout glissement, tout en précisant que si glissement il devait y avoir, « il ne sera jamais de la faute de la CENI ».
Points d’inquiétude
Toutefois, la CIME déplore que la feuille de route n’évoque toujours pas l’organisation des élections locales, malgré les engagements répétés. Pour elle, il est « paradoxal de projeter d’autres scrutins alors que les élus locaux de 2023 ne sont ni installés ni fonctionnels ».
Autres recommandations
Au Gouvernement, la CIME demande de « tirer les leçons du difficile financement du processus en cours » et de « préparer les ressources nécessaires à la réalisation des opérations dans les délais prévus par la feuille de route ». Elle appelle également à « accélérer la pacification du pays pour permettre à tous les Congolais de participer aux opérations électorales ».
Au Parlement, elle recommande d’« amorcer à temps les réformes électorales nécessaires », une exigence indispensable à la crédibilité du futur processus électoral.
Enfin, à la société civile, la CIME lance un appel à la vigilance, l’invitant à « assurer le suivi du processus électoral sans complaisance et sans passion ».
Cette sortie de la CIME, signée par son président, Idryss Katenga Mulolwa, est un rappel que l’intégrité du processus électoral dépend de l’engagement coordonné de tous les acteurs, dans le respect des échéances et de l’ordre républicain.
Osée MABIALA