Malgré une croissance économique affichée à 6,5 % en 2024, portée par l’essor du secteur extractif, la République démocratique du Congo demeure prisonnière d’une pauvreté structurelle qui frappe près de 73 % de sa population, renseigne un document de la Banque mondiale. « La richesse minérale du pays ne profite qu’à une minorité, tandis que la majorité vit dans une précarité extrême », souligne un expert.
Ce paradoxe économique s’inscrit dans un contexte de crise humanitaire persistante, exacerbée par les conflits armés dans l’est du pays. Depuis la résurgence du M23 en novembre 2021, des millions de Congolais ont été déplacés, aggravant les vulnérabilités sociales et alimentaires. « L’instabilité chronique empêche toute redistribution équitable des ressources », déplore un analyste.
Insécurité alimentaire
Le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur une situation alarmante: 28 millions de personnes en RDC souffrent d’insécurité alimentaire aiguë, dont 4,75 millions d’enfants de moins de cinq ans exposés à la malnutrition sévère. « L’escalade du conflit et la perte des moyens de subsistance continuent d’enfoncer les familles dans le désespoir », avertit le PAM.
Efforts diplomatiques dont les effets trainent…
Les efforts diplomatiques, notamment les accords de Washington et de Doha signés en 2025, peinent à produire des effets tangibles sur le terrain. Les affrontements se poursuivent, notamment en Ituri, où la lutte pour le contrôle des ressources alimente les violences intercommunautaires.
Face à cette réalité, les réformes structurelles et les investissements dans les secteurs non miniers apparaissent comme une nécessité vitale. Mais tant que la paix reste fragile et que la gouvernance demeure vacillante, la croissance ne pourra se traduire en progrès social. « Sans inclusion, la croissance n’est qu’un mirage », martèle un économiste congolais.
Rémy NSIMBA