Ituri | Cinq hauts cadres du CRP claquent la porte, dénonçant la dérive autoritaire de Thomas Lubanga

C’est une rupture fracassante qui secoue le mouvement politico-militaire Convention pour la Révolution Populaire (CRP). Depuis Kampala, Cinq de ses membres fondateurs ont annoncé, 18 octobre 2025, leur départ, dénonçant une « délinquance politique démesurée » incarnée par leur leader, Thomas Lubanga Dyilo.

Dans une déclaration sans concession, les signataires ( Bungamuzi Kakani Charles, Tunya Batitolo Vital, Ung’yertho Firutinyo-Devoid, Wedunga Ndara Baudouin et Drani Drileba J. Xanvier ) dressent un réquisitoire accablant contre celui qu’ils avaient porté à la tête de groupe armé. Ils l’accusent de trahir les idéaux fondateurs du mouvement, censé incarner une rupture avec les pratiques décriées du pouvoir congolais.

Parmi les griefs: une gestion autocratique, l’instauration d’un péage illégal sur la RN27, l’extorsion de commerçants sous prétexte d’effort de guerre, le clanisme, l’opacité financière ( notamment la nomination de sa propre sœur à la tête des finances ) et un mépris affiché envers les autres cadres. Pire encore, Lubanga aurait transformé la révolution en « vacance dorée à Kampala », sans réelle volonté de libération.

Face à cette dérive, les dissidents appellent les populations de l’Ituri à ne plus soutenir le CRP dans sa forme actuelle. Ils dénoncent une instrumentalisation du mouvement à des fins personnelles, au détriment des victimes d’atrocités qui attendent une véritable alternative.

Ce désengagement des cadres doit alerter sur la sincérité du projet porté par Thomas Lubanga, dont le passé reste marqué par son rôle dans les groupes armés en Ituri. Ancien chef de l’Union des Patriotes Congolais (UPC), il fut le premier Congolais jugé par la Cour pénale internationale, reconnu coupable en 2012 de crimes de guerre pour l’enrôlement d’enfants soldats. Libéré en 2020 après avoir purgé sa peine, son retour sur la scène politique suscite depuis des controverses.

Rémy NSIMBA

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