Conférence de Paris | Tshisekedi vise 5 milliards de dollars d’ici 2026 pour la reconstruction du Nord et du Sud-Kivu

Le Président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a prononcé un discours interpellateur lors de la Conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs, tenue ce 30 octobre 2025 à Paris. Face à la communauté internationale, le Chef de l’État a mis en lumière la triple urgence – humanitaire, sécuritaire et de la paix – qui ravage l’Est de la RDC, et a articulé son intervention autour d’un échange clair : trois demandes essentielles aux partenaires et trois engagements fermes de Kinshasa.

La RDC demande une mobilisation exceptionnelle et sans ambiguïté

Le Président Tshisekedi a d’abord sollicité un accès humanitaire immédiat, sécurisé et garanti. Il a urgé la mise en place de voies sûres pour les denrées et les soins, proposant la création d’un mécanisme concret : « Je propose l’établissement d’un corridor humanitaire aérien, strictement encadré, permettant le transport des médicaments, des denrées essentielles et la rotation du personnel humanitaire ».

Le Chef de l’État a ensuite plaidé pour un financement massif, rapide et traçable. Rappelant que le Plan de réponse humanitaire de 2025 demeure sous-financé, il a exigé un engagement financier qui ne soit pas considéré comme une simple aumône : « Ce financement ne doit pas être vu comme une aide ponctuelle, mais comme un investissement pour empêcher l’effondrement humanitaire d’une région stratégique pour la paix du continent ».

La troisième exigence congolaise portait sur l’alignement politique en vue de mettre fin à l’occupation. Le Président a réclamé le soutien effectif de tous les partenaires à la Résolution 2773 du Conseil de sécurité, insistant sur le retrait immédiat des forces du M23/AFC et des forces étrangères. Il a clairement affirmé : « Toute paix durable commence par la fin de l’occupation d’une partie du territoire congolais. Là-dessus, il ne peut y avoir ni double langage, ni compromis moral ».

Les Trois Engagements Structurants de Kinshasa

En outre, la République Démocratique du Congo a pris trois engagements clairs. Le premier concerne la reconstruction : la RDC lancera, dès la fin des hostilités, un Plan d’aide d’urgence pour la reconstruction du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, avec l’objectif de mobiliser environ 5 milliards de dollars à l’horizon 2026. Ce plan visera le rétablissement des services sociaux essentiels, car « nourrir une famille, c’est déjà commencer la paix ».

Le deuxième engagement concerne la protection des vulnérables et la redevabilité. Kinshasa va renforcer son cadre juridique, notamment en intégrant la Convention de Kampala et en veillant à la reconnaissance et à la réparation des survivantes de violences sexuelles. Le Président Tshisekedi a promis l’impunité zéro pour les auteurs de crimes graves : « Des poursuites seront engagées, dans le respect du droit international, contre tous ceux qui se rendent coupables de crimes à l’encontre du peuple congolais ».

Le troisième engagement vise à transformer la crise en levier de stabilité régionale. Le pays s’engage à privilégier l’intégration économique et la prospérité partagée, rejetant le modèle de la prédation. Le Président a souligné que l’avenir devait être fait de coopération formelle, d’infrastructures interconnectées et d’industrialisation locale, car la prospérité est une condition intrinsèque de la sécurité.

Concluant son plaidoyer, le Chef de l’État s’est adressé directement aux peuples amis : « Je vous demande une chose simple : ne détournez pas le regard ».

Rémy NSIMBA

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts