RDC-AFC/M23 | Selon le gouvernement, l’accord-cadre signé à Doha est « une étape décisive dans la quête d’une paix juste, inclusive et durable »

La signature à Doha, le 15 novembre, de l’accord-cadre pour une paix durable entre le Gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) marque une nouvelle étape dans la diplomatie de paix engagée par la RDC. Présenté comme « une étape décisive dans la quête d’une paix juste, inclusive et durable », ce texte s’inscrit dans une dynamique déjà amorcée depuis plusieurs mois.

Doha n’est pas un commencement, mais une continuité. Le 27 juin, à Washington, la RDC et le Rwanda avaient signé un accord de désescalade sous l’égide des États-Unis, salué comme historique, mais dont les effets restent à ce jour imperceptibles sur le terrain. Parallèlement, Kinshasa et l’AFC-M23 avaient conclu un accord de principes, amorçant des négociations techniques. L’accord-cadre de Doha reprend ce processus, en le structurant autour de huit protocoles censés embrasser l’ensemble des enjeux du conflit.

Le communiqué officiel précise que ces protocoles portent d’abord sur la libération des prisonniers, selon un mécanisme déjà entériné le 14 septembre 2025. Il est ensuite question de la surveillance et de la vérification du cessez-le-feu, actées le 14 octobre. Suivent les dispositions relatives à l’accès humanitaire et à la protection judiciaire, à la restauration de l’autorité de l’État, aux réformes et à la gouvernance participative. L’accord aborde également les arrangements sécuritaires intérimaires et le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), ainsi que les questions d’identité, de citoyenneté, de retour et de réinstallation des réfugiés et des personnes déplacées. Il prévoit enfin des mesures pour la relance économique et les services sociaux, et se conclut sur les engagements en matière de justice, de vérité et de réconciliation.

Hormis les deux protocoles déjà signés, ceux relatifs à la libération des prisonniers et à la surveillance du cessez-le-feu ; les six autres feront l’objet de discussions approfondies deux semaines après la signature de l’accord-cadre. Ces discussions devront permettre de définir les modalités techniques, les calendriers d’exécution et les engagements respectifs des parties.

Mais l’histoire récente incite à la prudence. De Nairobi à Luanda, en passant par Washington et désormais Doha, les accords se succèdent sans que les populations de l’Est ne perçoivent de changement concret. Le gouvernement lui-même semble en avoir conscience, affirmant qu’« aucun statu quo n’est compatible avec cet objectif de paix » et que le processus vise à créer « dans les plus brefs délais, les conditions d’un changement réel et mesurable pour les populations affectées ».

L’accord bénéficie d’un appui international affirmé. Le Gouvernement congolais a exprimé sa reconnaissance à l’État du Qatar pour son engagement, aux États-Unis d’Amérique, à l’Union africaine, ainsi qu’au Médiateur désigné, Son Excellence Faure Gnassingbé, pour leur accompagnement dans ce processus.

Au-delà de la diplomatie, le texte se veut porteur d’espoir pour les Congolais. Il réaffirme que « la paix, la sécurité et la prospérité du peuple Congolais demeurent sa priorité absolue », tout en insistant sur la nécessité de préserver l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo. Il appelle la population à rester sereine, vigilante et mobilisée autour des efforts du Président Félix-Antoine Tshisekedi.

Reste une interrogation, lancinante: Doha marquera-t-il enfin un tournant décisif, ou viendra-t-il simplement s’ajouter à la longue liste des processus inachevés qui jalonnent l’histoire récente de la région?

Osée MABIALA

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts