Le Directeur Général de la Société minière de Kilo-Moto (Sokimo), Pistis Bonongo, est attendu ce mercredi 3 décembre 2025 au Palais du Peuple pour être auditionné par la Commission Environnement, Tourisme, Ressources Naturelles et Développement Durable de l’Assemblée nationale. Cette convocation, conforme aux dispositions constitutionnelles et réglementaires, suscite un vif espoir parmi les employés de la société, qui voient dans cette démarche parlementaire une occasion de faire entendre et défendre enfin leurs préoccupations.
Des agents ôt vu leur dernier salaire au mois de mars…
Au cœur de leurs attentes figure notamment la question des « 10 % de quotepart perçus par la Sokimo depuis le début de la production par l’entreprise partenaire Kibali Gold Mine ». Ce pourcentage, censé représenter une source de revenus substantielle, soulève de nombreuses interrogations chez les syndicalistes. « Les dividendes sont les recettes que les actionnaires se partagent après l’exercice comptable, donc après une année de production, on enlève les charges, on a les dividendes. La part de la Sokimo s’élève à plus de 15 millions de dollars l’an, alors que la masse salariale de la Sokimo, c’est moins d’un million », a expliqué un syndicaliste.
Cette manne financière contraste fortement avec la situation alarmante des travailleurs. Les agents font face à des arriérés de salaire persistants. « Les agents sont perdus face à cet impaiement de salaire. Pour 2025, le dernier paiement date de mars. Imaginez dans quelles conditions les employés vivent », a renchéri un autre représentant syndical, visiblement révolté. Sur un effectif total estimé à environ 2 500 agents, seuls quelque 800 sont encore considérés comme actifs, un chiffre qui illustre la précarité et l’incertitude qui règnent au sein de l’entreprise publique. « Si l’Assemblée nationale prend au sérieux le dossier de la Sokimo, cela pourrait enfin susciter l’espoir que l’État se penche sur sa gestion pour trouver des solutions, car la gestion est catastrophique », a tempêté notre source.
Au-delà de la question des 10 % et de la prise en charge des agents, la lettre d’invitation signée par le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara Bamanorwe, mentionne plusieurs autres points sur lesquels Pistis Bonongo devra s’expliquer. L’audition portera également sur le nombre de droits miniers détenus par la Sokimo dans la province du Haut-Uélé, ainsi que sur les cessions et amodiations déjà effectuées dans cette même province et les raisons qui les ont motivées. Les députés s’intéresseront aussi aux contrats signés avec les coopératives minières locales ou les entreprises congolaises à capitaux étrangers.
Le Directeur Général de la Sokimo devra en outre fournir les statistiques de production, de commercialisation et d’exportation des partenaires de la Sokimo pour la période allant de 2023 à 2024.
Ce n’est pas tout. La Commission cherchera à clarifier le rôle que joue l’entreprise dans l’exploitation illicite des minerais dénoncée dans le Haut-Uélé, ainsi que les mesures prises par la direction pour y mettre fin.
L’audition du 3 décembre s’annonce donc comme un moment charnière pour la Sokimo et, surtout, pour ses employés, qui attendent des représentants du peuple qu’ils fassent toute la lumière sur la gestion de leur entreprise.
MATSHI Darnell