Dans un communiqué publié ce 16 décembre et signé par son Secrétaire général, Bienvenue Bolengetenge Balea, le parti d’opposition Ensemble pour la République, cher à Moïse Katumbi, est monté au créneau pour dénoncer l’arbitraire.
Il fustige la perquisition menée le même jour, « de 4 heures 25 à 6 heures 22 », dans la résidence du député national Christian Mwando Nsimba Kabulo, Président du groupe parlementaire Ensemble pour la République à l’Assemblée nationale. L’opération s’est déroulée à Kirundu, chef-lieu du territoire de Moba dans la province du Tanganyika, et a été conduite, selon le communiqué, « par des agents des services de sécurité dont l’ANR, les renseignements militaires (DEMIAP), des éléments de la Police et des Forces armées (FARDC), sans aucun mandat ».
Ensemble pour la République qualifie ces actes de « barbares », soulignant qu’ils « violent clairement les prescrits de l’article 29 de notre Constitution ». Pour cette formation politique, le constat est amer : « Il n’y a plus aucun doute, le peuple congolais est malmené par ceux-là mêmes qui devraient assurer son bien et sa protection ».
Un frein à l’unité nationale
Le parti rappelle au Président Félix Tshisekedi, « à qui il revient d’assurer, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions », que les « insuffisances et dérives des services publics mettent à mal l’unité de la nation dont il a la charge ».
Le parti de Moïse Katumbi souligne que le gouvernement, qui dispose de l’Administration publique, des Forces armées, de la Police nationale et des services de sécurité, « doit faire preuve de plus de responsabilité dans l’accomplissement de ses missions ».
Estimant que le peuple congolais est la « victime expiatoire quotidienne de ces abus qui portent atteinte à nos droits citoyens et nos libertés fondamentales, et qui troublent gravement la paix sociale », Ensemble pour la République appelle la population à se mobiliser contre l’arbitraire sous toutes ses formes. Par ailleurs, il exhorte les partenaires internationaux de la RDC « à manifester leur solidarité à l’endroit de notre peuple qui souffre du fait de nos propres dirigeants ».
Un climat de tension
Cette dénonciation d’Ensemble pour la République intervient dans un contexte sécuritaire et politique de plus en plus délétère pour les figures de l’opposition. Illustration de cette escalade : au cours de la même nuit, une autre figure de proue de l’opposition, Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD, a été emmené de sa résidence à Kinshasa par des hommes en armes, confirmant ainsi l’inquiétude grandissante des forces politiques face à ce qu’elles qualifient de dérives autoritaires.
Rémy NSIMBA