Justice et paix à l’Est : Patrick Muyaya dénonce les « fake news » et recadre le débat sur le dialogue

Lors d’un Special Briefing Presse tenu ce jeudi 8 janvier 2026 au Studio Maman Angebi de la RTNC, le Gouvernement congolais a fait le point sur les avancées enregistrées dans le secteur de la justice. Mais l’actualité sécuritaire à l’Est de la République démocratique du Congo s’est également invitée au cœur des échanges, à la faveur d’une question adressée au ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, sur la récente visite du président Félix Tshisekedi à Luanda.

Questionné sur la récente visite du président Félix Tshisekedi à Luanda et sur les attentes des populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu quant au retour de la paix, Patrick Muyaya a d’abord dénoncé ce qu’il qualifie de manipulation de l’information. « Lorsque nous attirons votre attention de manière régulière sur la propagation de fake news et de la désinformation qu’on appelle poison rwandais, vous avez là un bel exemple », a-t-il déclaré.

Le porte-parole du Gouvernement a rappelé que les deux déplacements du chef de l’État à Luanda ont été officiellement communiqués par les présidences congolaise et angolaise. « Il y a une communication qui est très, très, très claire », a insisté Patrick Muyaya, précisant que Félix Tshisekedi avait été invité par João Lourenço en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine.

Selon le ministre, cette rencontre a permis d’aborder les propositions relatives à la situation sécuritaire dans l’Est du pays. « Le président Lourenço, au-delà des initiatives qui sont organisées à Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, et les initiatives de Doha entre la République démocratique du Congo et le M23, a estimé qu’il était important à son niveau de lancer cet appel au cessez-le-feu », a-t-il expliqué, soulignant que cet appel constitue « le point de départ » de tous les processus en cours.

Patrick Muyaya a cependant déploré le non-respect de cette exigence sur le terrain. « Nous connaissons les méthodes du père. Nous connaissons les méthodes du fils », a-t-il lancé, en référence au Rwanda et au M23, tout en rappelant que João Lourenço, ancien médiateur du processus de Luanda, agit désormais « en tant que président en exercice de l’Union africaine ».

Abordant la question du dialogue évoqué dans certaines rumeurs, le ministre de la Communication a tenu à clarifier la position du gouvernement congolais. « Le président de la République a déjà donné son accord », a-t-il affirmé, ajoutant qu’« il existe une feuille de route » élaborée conjointement par les équipes CENCO-ECC et celles des autres confessions religieuses conduite par l’Évêque Ejiba Yamapia, en collaboration avec le cabinet du chef de l’État.

Toutefois, Patrick Muyaya a posé la question de l’impact réel d’un dialogue immédiat sur la situation sécuritaire. « Est-ce que si le dialogue se tient aujourd’hui, nous sommes jeudi, est-ce que demain, vendredi, le Rwanda arrête ses actions hostiles qui durent 30 ans dans notre pays ? », s’est-il interrogé, rappelant que « l’origine de la crise est sécuritaire » et qu’elle est liée à « l’agression rwandaise ».

Le porte-parole du Gouvernement a également rejeté toute idée de crise politique interne. « Nous n’avons pas de crise politique en République démocratique du Congo, encore moins de crise de légitimité parce que le président a été élu à 73% », a-t-il déclaré.

Sur les modalités du dialogue à venir, Patrick Muyaya a été sans équivoque. « Nous irons dans un dialogue entre Congolais », a-t-il affirmé, précisant que celui-ci « doit se tenir à Kinshasa » et non à l’étranger.

Evoquant également les drames humanitaires dans l’Est du pays, le ministre a appelé à un positionnement clair face à la souffrance des populations. « Est-ce que vous pouvez être patriotiquement congolais et ne pas être en mesure de dénoncer le mal ? », a-t-il lancé, citant notamment « 10 000 personnes décédées à Goma » en quelques jours, ainsi que les situations à Uvira et Rutshuru.

Patrick Muyaya a conclu en indiquant que le Gouvernement attend désormais les retours des autres parties concernées. « Nous pourrons évidemment revenir lorsque le président Lourenço nous aura donné les feedbacks des autres parties engagées dans les conflits à partir de Washington ou de Doha et nous allons voir ce que la suite sera», a-t-il déclaré.

Osée MABIALA

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