La capitale togolaise a accueilli une rencontre diplomatique majeure consacrée à la crise sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Sous l’égide de l’Union africaine (UA), cette réunion de haut niveau a rassemblé les principaux acteurs régionaux afin d’harmoniser les initiatives de paix et de restaurer la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Le Président togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur de l’UA, a ouvert les travaux en insistant sur la nécessité d’une coordination accrue entre les différentes médiations. Selon lui, l’objectif est de renforcer la cohérence des efforts déployés pour mettre fin aux hostilités. Dans son allocution, il a déclaré : « Seule une solution politique concertée et durable permettra de restaurer la paix, la sécurité et la stabilité au bénéfice des populations de la région des Grands Lacs ». Il a exhorté les parties prenantes à agir avec une responsabilité partagée pour transformer les intentions en actes concrets.
La RDC dénonce une rupture de dynamique par le M23
Représentant le gouvernement congolais, la vice-ministre des Affaires étrangères, Noella Ayeganagato Nakwipone, a livré un plaidoyer ferme pour la souveraineté de son pays. Elle a souligné la complémentarité des processus de Doha et de Washington, qui ont permis d’enregistrer des avancées techniques réelles.
Évoquant le cadre diplomatique américain, elle a rappelé que « des progrès techniques réels avaient été enregistrés, notamment avec la finalisation de la cartographie des FDLR, le lancement d’actions de neutralisation et l’ouverture de discussions sur le retrait des forces rwandaises du territoire congolais ».
Toutefois, elle a déploré que cette dynamique ait été brutalement interrompue. Selon elle, l’arrêt du processus est dû à « des actions délibérées visant à modifier le rapport de force sur le terrain » par l’AFC/M23, avec le soutien direct du Rwanda. Elle a dénoncé le boycott systématique des réunions de suivi à Doha et les violations répétées du cessez-le-feu, aggravant une crise humanitaire qui compte déjà plus de cinq millions de déplacés.
L’Angola privilégie le dialogue au détriment de l’option militaire
Le ministre angolais des Affaires étrangères, l’Ambassadeur Tete António, représentant le Président João Lourenço, a réaffirmé le leadership de Luanda dans la résolution du conflit. L’Angola, qui préside l’UA, maintient une ligne diplomatique claire : le refus de la confrontation armée au profit de la négociation.
Tete António a précisé : « La République d’Angola continue de défendre que la stabilité et la paix dans l’Est de la RDC doivent être obtenues par un dialogue intercongolais et régional, mais jamais par la voie de l’affrontement militaire ». Il a exprimé sa vive préoccupation face aux menaces qui sapent les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment la résolution 2773, tout en appelant au respect strict des engagements pris à Washington et à Doha pour éviter une escalade régionale irréversible.
Les participants ont unanimement reconnu qu’aucune initiative parallèle ne devait affaiblir l’architecture de paix existante. La priorité reste le retrait effectif des forces étrangères et le rétablissement de l’autorité de l’État congolais.
Hugo Robert MABIALA