RDC : la C64 contre toute tentative de troisième mandat pour Félix Tshisekedi

En République démocratique du Congo, les principales figures de l’Opposition refusent catégoriquement toute modification des règles démocratiques. Dans un communiqué conjoint publié à Kinshasa, la Coalition Article 64 (C64) -qui réunit notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Augustin Matata, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund- a fermé la porte à un maintien au pouvoir du Président Félix Tshisekedi au-delà de son second mandat.

« Aucune révision, aucun changement de Constitution, aucun référendum, aucun artifice juridique ne peut servir à contourner l’article 220, à neutraliser la portée de l’article 70 ou à ouvrir, sous quelque forme que ce soit, la voie à un troisième mandat », ont martelé les signataires du texte, rappelant le principe fondamental d’alternance démocratique. Refusant tout compromis sur la limitation des mandats, les leaders de l’opposition ont scandé un message d’avertissement direct à l’adresse du chef de l’État : « Pas de troisième mandat pour Félix Tshisekedi ! 2028 : Alinga, alinga te, akokende ! » Entendez : qu’il le veuille ou non, il partira.

Face à ce qu’elle qualifie de « dérives autoritaires », la coalition entend porter la contestation dans la rue pour faire barrage aux velléités du pouvoir. « La C64 annonce la reprise de ses actions citoyennes de mobilisation », ont affirmé les leaders d’opposition, annonçant l’organisation d’« une marche pacifique sur l’ensemble du territoire national » le 15 septembre 2026. À Kinshasa, les manifestants convergeront vers le Palais du Peuple, siège du Parlement, pour faire entendre leur refus de toute réforme constitutionnelle.

Pour les opposants, l’obstination du régime à modifier la Loi fondamentale constitue une grave menace pour la stabilité d’un pays déjà fragilisé par les conflits armés. « Force est de constater que le projet de changement de Constitution n’est toujours pas abandonné », ont dénoncé les figures du mouvement. Ils ont ajouté que « dans un pays confronté à la guerre et à l’occupation d’une partie de son territoire, les risques de compromission de la cohésion nationale et de balkanisation que fait peser un tel projet constituent une menace supplémentaire artificiellement créée pour notre indépendance nationale ».

Rappelons que deux marches annoncées avaient été suspendues : la première à la suite de l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, la seconde après la demande pressante des évêques catholiques et de l’Église du Christ au Congo, soucieux de donner une chance au dialogue politique annoncé par Félix Tshisekedi.
La C64 avait fixé un ultimatum clair au pouvoir : convoquer un dialogue national inclusif avant le 15 août. Les conditions posées étaient sans équivoque : abandon du projet de révision constitutionnelle, respect strict de l’article 220 et garantie de l’alternance démocratique. À défaut, l’Opposition promettait de reprendre la rue comme champ de bataille politique.

MATSHI Darnell

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