RDC : 72 villages pacifiés et 146 armes récupérées, Éliezer Ntambwe fait le point sur le dossier Mobondo

Le Gouvernement congolais fait état d’une évolution positive dans le processus de pacification des espaces jadis occupés par les Mobondo, dans le triangle Grand Bandundu-Kongo Central-Kinshasa. Lors du Briefing Presse tenu ce lundi 17 août 2026 au Studio Maman Angebi de la RTNC1, le ministre délégué près le ministre de la Défense nationale chargé des Anciens Combattants, Éliezer Charmant Ntambwe Mposhi, a annoncé la pacification de 72 villages, la récupération de 146 armes et le transfert de 596 personnes à Kanyama Kasese.

Intervenant aux côtés du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, sur le thème de la « Pacification et restauration de l’autorité de l’État dans les espaces jadis occupés par les Mobondo dans le triangle Grand Bandundu-Kongo Central-Kinshasa », Éliezer Ntambwe a notamment souligné l’amélioration de la circulation sur les principaux axes routiers de la zone.

« Sans crainte, la RN1 et la RN17 sont désormais fréquentables », a-t-il affirmé, faisant état d’une évolution positive de la situation sécuritaire. Le ministre a également évoqué la poursuite des réflexions autour de la reprise des travaux sur la RN17.

Selon le ministre délégué, plusieurs missions ont été menées dans les zones affectées par le conflit, ainsi que dans plusieurs localités du Maï-Ndombe, du Kongo Central et de Kinshasa.

Ces opérations ont permis, à l’en croire, de rétablir progressivement la confiance avec certains combattants et de récupérer des armes.

« 72 villages pacifiés », a-t-il indiqué, précisant que plusieurs autres localités ont été concernées par les opérations de pacification.

Sur le volet du désarmement, Éliezer Ntambwe a fait savoir qu’un premier lot de 146 armes avait été récupéré et remis à la logistique. « D’autres armes y seront », a-t-il ajouté, tout en se gardant de donner un bilan sur les armes qui pourraient encore se trouver dans la brousse.

Le ministre a également indiqué que 596 personnes ont été envoyées à Kanyama Kasese, dans le cadre du processus de démobilisation et de réinsertion, qui doit se poursuivre.

Face aux questions sur la nature du conflit, Éliezer Ntambwe a insisté sur la nécessité de ne pas assimiler une communauté entière au mouvement Mobondo.

« Tout Yaka n’est pas Mobondo », a-t-il précisé, rejetant ainsi toute lecture susceptible d’établir un amalgame entre l’appartenance communautaire et l’engagement dans le mouvement armé.

Le ministre a par ailleurs présenté le conflit comme étant à l’origine un problème foncier qui a progressivement dégénéré en affrontements armés. « Il s’agissait d’un conflit foncier et non d’un conflit communautaire », a-t-il expliqué.

Évoquant le cas de Cobra, présenté comme l’un des acteurs encore recherchés dans le cadre de la pacification, le ministre délégué a indiqué que l’État privilégiait également la voie de la sensibilisation et du dialogue afin de l’amener à se rendre.

« Nous connaissons là où il est. Nous sommes en train d’utiliser la même méthode que nous avons utilisée avec les autres, pour qu’il puisse se rendre », a-t-il déclaré.

Pour Éliezer Ntambwe, l’objectif demeure d’obtenir la reddition des personnes encore dans la brousse plutôt que de privilégier systématiquement l’option militaire.

La restauration de l’autorité de l’État ne devrait toutefois pas se limiter au désarmement. Le Gouvernement entend également organiser le retour des populations et des anciens combattants dans leurs milieux d’origine.

Le ministre a parlé de « retours encadrés », estimant que cette démarche est nécessaire dans des zones où plusieurs habitations ont été détruites ou abandonnées.

« Si l’État n’encadre pas les retours, ça va créer un nouveau conflit », a-t-il prévenu.

Avant ces retours, le Gouvernement prévoit notamment des forums de dialogue entre les communautés concernées. L’objectif est de favoriser la réconciliation et de prévenir une résurgence des tensions.

Dans cette perspective, Éliezer Ntambwe a également évoqué la possibilité de recourir à la justice transitionnelle, estimant que la seule réponse pénale ne suffit pas toujours à restaurer durablement la paix entre les communautés.

« La justice transitionnelle, c’est la recherche de la vérité, mais aussi s’occuper des victimes, pour que ces victimes soient réparées », a-t-il expliqué.

Des forums de dialogue sont ainsi envisagés afin de permettre aux communautés de se parler, de rechercher la vérité et de parvenir à une réconciliation.

Pour le Gouvernement, la pacification doit donc s’accompagner d’un retour progressif des services publics. Le ministre a rappelé que l’insécurité avait fortement retardé l’accès aux écoles, aux routes, aux structures sanitaires et aux programmes de développement dans ces territoires.

« Vous avez besoin des écoles, mais on ne viendra pas construire là où il y a l’insécurité. Vous avez besoin des routes, on ne viendra pas construire là où il y a l’insécurité. Vous avez besoin des hôpitaux », a-t-il résumé.

La stratégie actuelle combine ainsi désarmement, démobilisation, réinsertion, dialogue communautaire et restauration progressive de l’autorité de l’État, avec l’ambition de tourner durablement la page des violences liées au phénomène Mobondo dans le Grand Bandundu et les espaces voisins.

Osée MABIALA

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