Réunis à Zanzibar lors d’une visite officielle de deux jours, le Président Félix Tshisekedi et son homologue tanzanienne Samia Suluhu Hassan ont lancé un appel pressant au respect du droit international. Les deux dirigeants ont exigé l’application intégrale et immédiate de toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies pour ramener la paix dans la région des Grands Lacs.
Un front diplomatique et sécuritaire unifié
Au cœur de leur déclaration commune, les Chefs d’État ont réaffirmé leur « engagement en faveur de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale de la RDC ». Réclamant « la cessation immédiate des hostilités et le retrait sans condition des forces étrangères du territoire congolais », Kinshasa et Dodoma entendent peser fermement sur la résolution du conflit.
Cette exigence s’accompagne d’une volonté affirmée d’éradiquer l’insécurité à sa racine. Les Présidents Tshisekedi et Hassan se sont ainsi félicités des opérations en cours visant à « neutraliser les forces négatives, notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ». Ils ont insisté sur la nécessité de conduire à terme leur désarmement, leur démobilisation et leur dissolution. Pour garantir une pacification durable, les deux dirigeants ont martelé l’importance cruciale de conjuguer « réintégration ou rapatriement effectif » avec « redevabilité et justice transitionnelle », dans le strict respect du droit international.
Sur le plan diplomatique, les deux Présidents ont apporté leur soutien explicite aux processus de paix menés sous l’égide de l’Union africaine, ainsi qu’aux initiatives de Washington et de Doha, plaidant pour leur « mise en œuvre cohérente, coordonnée et rapide ». Conscients que la guerre est aussi nourrie par la criminalité économique, ils ont convenu d’intensifier leur coopération bilatérale pour lutter contre « l’exploitation illicite et le trafic des ressources naturelles ».
Un partenariat économique renforcé
Au-delà des enjeux sécuritaires, ce sommet stratégique a permis de consolider l’axe Kinshasa-Dodoma sur le plan économique. Félix Tshisekedi et Samia Suluhu Hassan ont décidé de redynamiser leur Grande Commission mixte et d’accélérer plusieurs projets d’infrastructure majeurs. Parmi eux figurent la modernisation du Corridor Central -reliant les ports de Dar es Salaam, Kigoma et Kalemie-, l’interconnexion des réseaux ferroviaires et le déploiement d’une ligne transfrontalière en fibre optique. La coopération industrielle s’étendra également aux secteurs minier et énergétique, avec un accent particulier sur la transformation locale des minerais critiques et l’interconnexion électrique.
En scellant cette alliance globale, Kinshasa et Dodoma rappellent que le développement de l’Afrique de l’Est reste indissociable d’un retour définitif à la paix.
Remy NSIMBA