Dialogue national en RDC : l’AETA exige l’inclusion de l’opposition et de la société civile dans le comité d’organisation

Au lendemain de l’adresse solennelle du président Félix Tshisekedi annonçant le lancement officiel du processus du « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », les organisations de la société civile congolaise rivalisent des réactions. Parmi elles, la plateforme Agir pour des Élections Transparentes et Apaisées (AETA) livre une grille de lecture où la fermeté républicaine rivalise avec le sens de la mesure politique. En effet, l’organisation adopte un ton à la fois constructif et exigeant pour fixer les balises indispensables à la crédibilité des travaux.

Sur le principe, l’AETA accueille avec bienveillance la recherche d’un consensus national. Elle « salue l’initiative du Chef de l’État et soutient la démarche de paix ». Toutefois, ce soutien demeure strictement conditionnel. Soucieuse d’éviter tout détournement institutionnel, la plateforme rappelle « que ce dialogue ne constituera pas un moyen détourné pour remettre en cause l’ordre constitutionnel ».

Pour l’organisation, la confiance globale et la légitimité des travaux dépendent impérativement d’un comité d’organisation équilibré et représentatif de la diversité de la Nation. C’est pourquoi l’AETA « invite le Chef de l’État à inclure l’opposition et la société civile dans le comité du dialogue ». Allant au-delà d’un simple vœu de principe, l’AETA « sollicite une intégration significative de l’ensemble des forces vives de la nation », citant expressément les mouvements de femmes, de jeunes, les confessions religieuses et la Coalition C-64.

Afin de prémunir le pays contre les atermoiements du passé, la plateforme pose des garde-fous temporels et méthodologiques rigoureux. L’AETA « exige des garanties claires pour la réussite du dialogue », imposant la publication préalable des termes de référence, une transparence totale dans la sélection des délégués provinciaux, ainsi que « le respect du délai maximal de trois mois afin d’éviter le glissement du nouveau cycle électoral ».

Par ailleurs, l’AETA fait un plaidoyer appuyé pour la souveraineté populaire. Elle « souligne l’importance d’une participation citoyenne active et directe à chaque étape », tout en insistant sur le fait que la légitimité des conclusions de ces assises « repose avant tout sur l’implication active et l’adhésion des populations congolaises, actrices centrales de leur propre avenir ».

Enfin, l’AETA exige que le calendrier démocratique demeure au cœur du débat national. Elle « sollicite que la question électorale soit inscrite à l’ordre du jour des consultations provinciales ». Parmi ses priorités figurent la réforme de la CENI, la sécurisation du scrutin de 2028, l’assainissement du fichier électoral et un accès équitable aux médias publics. Par ce plaidoyer structuré, l’AETA entend s’assurer que le dialogue national serve la refondation républicaine et non des ambitions partisanes.

HRM

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