SNEL : Teddy Lwamba met en cause les impayés de l’État dans les difficultés d’investissement

Le directeur général de la société publique d’électricité affirme que les créances accumulées, les tarifs jugés insuffisamment rémunérateurs et le poids du service de la dette réduisent les marges nécessaires à la modernisation des infrastructures.

La situation financière de la Société nationale d’électricité (SNEL) constitue, selon son directeur général Teddy Lwamba, l’un des principaux obstacles à l’amélioration durable de la desserte en République démocratique du Congo.

Intervenant jeudi 1er octobre au cours d’un briefing presse à Kinshasa, le responsable a particulièrement pointé les engagements financiers non honorés de l’État, présenté comme le premier consommateur d’électricité du pays, avec environ 25 % de la consommation nationale.

Il a rappelé qu’un mécanisme de paiement de 2 millions de dollars par mois avait été convenu avec les autorités. Toutefois, les versements reçus seraient restés largement inférieurs aux engagements attendus.

Le DG a également évoqué un montant de 179 millions de dollars retenu dans le cadre de l’assainissement de la dette, avec un échéancier de remboursement. Cette situation pèse sur la trésorerie de l’entreprise, alors qu’environ 60 % de son chiffre d’affaires serait absorbé par le service de la dette, selon les données communiquées.

À ces contraintes s’ajoutent les difficultés de recouvrement auprès de certains abonnés, les impayés et les actes de vandalisme sur les installations.

Teddy Lwamba estime également que les tarifs appliqués ne permettent pas à la SNEL de financer convenablement le développement de nouvelles capacités. Il a notamment opposé le tarif de basse tension, situé autour de 9,6 par kilowattheure, au coût de revient d’une production solaire qu’il évalue à 17,5.

Dans ces conditions, le financement de nouvelles infrastructures nécessite, selon lui, des réformes économiques et une réflexion sur un éventuel accompagnement financier de l’État.

Le dirigeant a également défendu le cadre de gouvernance de la société, en rappelant les responsabilités du conseil d’administration, de la direction générale et des commissaires aux comptes.

Au-delà de la situation immédiate, il estime que la relance de la SNEL exige une clarification des rapports financiers entre l’État actionnaire, l’État client et l’entreprise chargée de fournir l’électricité.

Une équation qui place le règlement des créances publiques et la mobilisation de ressources d’investissement au cœur des enjeux de modernisation du secteur électrique congolais.

Osée MABIALA

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