Est de la RDC : la société de sécurité Vectus Global d’Erik Prince essuie une attaque meurtrière dans le Sud-Kivu

Pour la première fois depuis son déploiement sur le sol congolais, la firme américaine privée Vectus Global a subi des pertes humaines sur le terrain. Une embuscade survenue mi-septembre dans l’Est du pays a fait près de 20 victimes dans ses rangs et au sein des forces partenaires, selon des informations exclusives rapportées par l’agence de presse Reuters.

C’est un revers inédit sur le sol congolais pour la société militaire privée Vectus Global. Comme le révèle l’agence Reuters, la compagnie a enregistré les premières pertes humaines de son histoire en RDC lors d’une embuscade ayant fait près de 20 morts et blessés.
Présentée comme un acteur clé au service de l’armée congolaise, Vectus Global est une entreprise fondée et dirigée par le milliardaire américain Erik Prince, célèbre pour avoir créé l’ancienne firme militaire privée Blackwater. Active également en Haïti et dans d’autres pays d’Afrique, cette société fournit des services de conseil tactique, de logistique et de sécurité. Selon Reuters, son mandat initial en RDC visait à sécuriser et à optimiser la collecte des revenus issus du secteur minier. Elle a toutefois élargi son rôle opérationnel au début de l’année en aidant l’armée congolaise à sécuriser la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu, face aux rebelles du M23 soutenus par le Rwanda.

Le piège du 17 septembre

Selon les détails transmis par Reuters, le drame s’est déroulé le 17 septembre dernier. L’équipe de Vectus Global effectuait un déplacement entre plusieurs positions dans la province du Sud-Kivu, près de la ville d’Uvira, lorsqu’elle a été prise au piège d’une embuscade particulièrement sophistiquée.

Le bilan fourni par deux sources proches du gouvernement à Reuters fait état d’environ 20 victimes. Parmi les morts figurent au moins sept citoyens congolais et un ancien membre des forces spéciales de Nouvelle-Zélande. Côté blessés, l’attaque a touché un autre contractuel étranger ainsi que Tim Kennedy, un ancien Béret vert de l’armée américaine et ex-combattant de l’UFC, aujourd’hui animateur de podcast très suivi. Il a été touché par trois balles à la jambe. Une source sécuritaire congolaise citée par l’agence précise que des habitants des villages voisins figureraient également parmi les victimes.

La précision de l’assaut s’expliquerait par des moyens technologiques avancés. Une source gouvernementale a indiqué à Reuters que les assaillants auraient surpris le convoi en traçant le signal d’un drone de surveillance utilisé par l’équipe. Cette capacité technique laisse confirmerait davantage l’implication directe des forces armées rwandaises aux côtés du groupe rebelle M23.

Silences… et appel à la souveraineté

Sollicités par Reuters, les porte-paroles des gouvernements congolais et rwandais, tout comme ceux du M23 et du Département d’État américain, n’ont pas souhaité commenter l’événement. Un représentant de Vectus Global a également refusé de s’exprimer.

L’événement remet en lumière la dangerosité du théâtre d’opérations dans l’Est du pays et la souveraineté nationale. Comme l’a déclaré une source ayant une connaissance directe de l’opération à l’agence Reuters : « Cela renforce la nécessité de restaurer la souveraineté de la RDC. C’est un endroit incroyablement dangereux en ce moment ».

Face à cette persistance de l’insécurité et des ingérences constatées sur le terrain, le gouvernement congolais a réitéré, il y a quelque jour à Washington, son appel strict au respect de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui exige le retrait sans condition des forces rwandaises du sol congolais ainsi que l’arrêt immédiat de tout soutien au mouvement rebelle M23.

La Rédaction

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