La Commission Justice, Paix et Développement (CJPD) du Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) a, dans un communiqué rendu public le 17 septembre, depuis Accra, capitale du Ghana, adressé à l’Union européenne (UE) et l’Union africaine (UA) un plaidoyer en faveur des populations autochtones et locales du continent. Elle invite les deux organisations à prendre des mesures proactives afin de s’assurer que le Fonds de conservation de la biodiversité de l’UE ne conduise pas à une aliénation massive des terres et ne menacent pas les moyens de subsistance et la stabilité des communautés autochtones et locales sur le continent.
La CJPD du SCEAM appelle à un nouveau paradigme de conservation qui respecte et protège les droits des peuples autochtones et des communautés locales, lesquelles, selon les estimations, gèrent 80% de la biodiversité mondiale restante. Avec ses nombreux partenaires, la CJPD du SCEAM a déjà lancé une note d’orientation. Dans celle-ci, elle recommande à l’UE et l’UA de mettre fin aux modèles de conservation exclusifs. C’est-à-dire, de passer des approches de «conservation-forteresse» aux modèles de cogestion qui permettent aux peuples autochtones et aux communautés locales de protéger la biodiversité en partenariat avec les acteurs mondiaux. «Cela signifie éviter tout type de déplacement, promouvoir des approches de conservation qui intègrent les humains et la nature et veiller à ce que le financement de la biodiversité soit géré et surveillé par les communautés locales», explique le communiqué.
Elle leur recommande également de garantir la protection du droit à la terre des peuples autochtones et des communautés locales. «Cette note politique plaide en faveur de la reconnaissance juridique et de la protection du droit humain à la terre, en tant qu’élément fondamental d’une conservation efficace de la biodiversité, à la lumière des Déclarations des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) et sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDRO)», soutient la CJPD du SCEAM.
Cette dernière souligne que tous les projets relatifs à la biodiversité, en particulier ceux financés par l’UE, doivent garantir le consentement préalable, libre et éclairé des communautés autochtones, conformément aux normes internationales en matière de droits humains. «La participation active et significative des communautés locales doit également être garantie», martèle-t-il.
Elle recommande enfin à l’UE et l’UA que le financement de la biodiversité soit réorienté pour soutenir des pratiques durables telles que l’agroécologie et le pastoralisme, qui renforcent la biodiversité tout en préservant les droits et les moyens de subsistance des peuples autochtones et des communautés locales.
CJPD-SCEAM soutient les efforts de l’Église catholique en Afrique pour défendre les intérêts des pauvres et des marginalisés en vue d’établir des sociétés africaines plus justes, plus prospères, plus transparentes et plus pacifiques vivant en harmonie avec la nature. Dans ce plaidoyer, elle travaille avec CIDSE, le Centre d’agroécologie, d’eau et de résilience (CAWR) de l’Université de Coventry, l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA), le Forum de l’Organisation Non Gouvernementale des Pasteurs Indigènes (PINGOs), le Conseil pastoral des femmes (PWC), etc.
HRM