Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) vient de publier les principales tendances des violations des droits de l’homme en République démocratique du Congo pour le mois d’août 2024. Dans un communiqué de presse, le BCNUDH annonce avoir documenté 331 violations et atteintes aux droits de l’homme, ayant fait 923 victimes dont 666 hommes, 150 femmes, 54 garçons, 39 filles et 14 individus de genre et âge inconnus sur l’ensemble du territoire national. Ce qui correspond à une réduction de 17 % par rapport à juillet 2024 où 400 cas avaient été documentés. «Cette réduction reflète une diminution du nombre de violations et atteintes documentées dans les provinces en conflit lié à un sous rapportage des incidents impactant les droits de l’homme dans ces zones», explique le communiqué.
Concernant l’espace démocratique, le BCNUDH a documenté 13 violations et atteintes aux droits de l’homme. 24 des 27 victimes sont des hommes. Il s’agit de 3 cas de violation de droit à la liberté de la personne, 3 cas de violation de la liberté d’expression et d’opinion, 3 autres violations du droit à la vie, 2 cas de violation du droit à l’intégrité physique, une violation du droit à la propriété et une autre du droit de réunion pacifique. «Les agents de l’État ont commis la majorité de ces cas avec 12 violations, tandis qu’un seul cas d’atteinte a été attribué aux groupes armés», renseigne le BCNUDH.
Toujours selon le même document, 2 militaires des FARDC ont été condamnés pour viol sur une mineure dans le cadre des graves violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme. «Au cours de ce mois, le TGI de Kinshasa/Gombe a prononcé six condamnations de civils à la peine de mort. Il s’agit de six membres de la Force du progrès, un groupe proche de l’Union pour la démocratie et le progrès social qui avaient été reconnus coupables d’association de malfaiteurs, tentative de meurtre et de destruction méchante de biens», rapporte le BCNUDH qui précise que 10 autres de leurs membres avaient été condamnés à 10 ans de prison.
Dans les provinces en conflit, le BCNUDH a enregistré 743 victimes contre 899 au mois de juillet. Il s’agit de 533 hommes, 133 femmes, 14 individus d’âges et de genre inconnus, 37 filles et 26 garçons. Cependant, dans les provinces qui ne sont pas affectées par le conflit, le BCNUDH a documenté 43 violations et atteintes aux droits de l’homme, soit une diminution de 28 % par rapport au mois précédent (60 atteintes). Dans le Haut-Katanga, le BCNUDH a enregistré 16 cas de moins par rapport au mois de juillet qui comptabilisait 26 cas.
Moins de cas de VSLC
Par rapport à juillet, le BCNUDH a documenté moins de cas de violences sexuelles liées aux conflits (VSLC) sur des victimes adultes en août 2024. Les incidents se sont concentrés dans deux Provinces, en particulier, le Nord-Kivu avec 18 femmes et l’Ituri avec 2 femmes. Il y a 12 incidents de violences sexuelles liées aux conflits avec 20 femmes victimes contre 35 victimes pour le mois précédent. Il a été répertorié 8 cas de viol collectif, dont un accompagné de torture et d’exécution des victimes et deux cas de viol individuel, l’un ayant été suivi d’un enlèvement. Le BCNUDH a aussi enregistré un cas d’enlèvement suivi de mariage forcé, et un cas de violation du droit à l’intégrité physique et mentale par attouchements. Parmi les principaux auteurs de ces violences, il y a le M23, les Wazalendo VDP et les Wazalendo/Nyatura ACNDH, les ADF, les combattants armés de Zaïre, et les Maï-Maï du Front des Patriotes pour la Paix/Armée du Peuple (FPP/AP). «Les agents de l’État ont quant à eux commis trois cas de violences sexuelles liées aux conflits, attribuables aux FARDC (3 femmes)», souligne le BCNUDH.
En outre, la Section de la protection de l’enfant (CPS) de la MONUSCO a documenté 10 violations graves affectant des enfants dans le cadre du conflit armé. Il y a eu 54 cas d’enlèvement, 25 cas de recrutement et utilisation d’enfants, 18 cas de meurtre et mutilation, 10 cas de violences sexuelles et 3 cas d’attaques contre les écoles et hôpitaux. 40 cas des violations vérifiées ont été attribuées aux M23, 37 aux ADF, 6 à l’APCLS, 5 au CODECO, 5 autres au NDC Rénové, 4 à l’AFRC, 3 aux FARDC, 2 au Zaïre, 2 aux Nyatura, 1 aux Maï-Maï Yira, et 5 cas attribués aux éléments armés non identifiés. «Globalement, 91 violations ont été vérifiées au Nord Kivu et 19 en Ituri», informe de BCNUDH.
Le communiqué souligne que le BCNUDH a poursuivi l’accompagnement au Gouvernement et à la société civile congolaise dans la promotion et la protection des droits de l’Homme. Il a organisé au moins 15 activités au profit de 725 personnes dont 216 femmes sur l’ensemble du territoire.
Le BCNUDH assure un suivi étroit de la situation des droits de l’homme et procède à des analyses des tendances y relatives en RDC. Ces tendances sont régulièrement partagées avec les autorités afin qu’elles prennent les actions nécessaires, y compris traduire en justice les auteurs présumés des violations des droits de l’homme documentées.
Remy NSIMBA