La question de la protection de la biodiversité est un défi mondial de notre ère qui exige l’apport de toutes les couches de la société. Hier, vendredi 27 décembre 2024, le Programme intégré pour le développement du peuple Pygmée au Kivu (PIDP) Shirika la Bambuti a organisé à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, un atelier de réflexion sur les enjeux liés à la conservation de la nature et la protection de la forêt tropicale avec les Confessions religieuses, les acteurs de la Société civile et les autorités politico-administratives.
A en croire le directeur provincial de PIDP, Diel Mochire Mwenge, l’objectif de cet atelier est de renforcer les plaidoyers pour le respect des droits des communautés locales et particulièrement des peuples autochtones, tant dans les agendas politiques que des lois de la République. Il a estimé que ce moment d’échange a été particulièrement fructueux. «Cela nous a permis de mener des analyses sur les mécanismes de protection des droits de peuples autochtones, (et sur) la question de la conservation pour atteindre et répondre au 30×30 dans le cadre de la mise en œuvre du cadre mondial sur la biodiversité», a-t-il confié.
Un des acquis de cette rencontre est l’engagement des Confessions religieuses à mettre leur influence à profit dans le cadre des efforts pour la protection de la biodiversité. «Nous allons faire une très forte mobilisation pour planter des arbres, demander à tous nos fidèles, les membres de nos Confessions religieuses, églises et mosquées, de planter chacun un arbre dans sa parcelle, ça pourra beaucoup aider pour la protection de l’environnement», a déclaré Evêque provincial des Communauté unies du Réveil (CUR) et Président de la Plateforme des Confessions religieuses du Nord-Kivu, Joël Amurani. Bien plus encore, il a annoncé la production par les Confessions religieuses d’un guide: «Dès demain, 28 décembre de cette année 2024 finissante, nous, Confessions religieuses, nous nous sommes engagées à élaborer un Guide biblique et coranique pour la protection de l’environnement. Ça sera fin prêt d’ici mars 2025». Voilà qui sera une première en matière de sensibilisation pour la protection de la nature.
Cet engagement a été salué par le directeur du Programme intégré pour le développement du peuple Pygmée au Kivu (PIDP) Shirika la Bambuti. «Avec le Guide biblique et coranique pour la conservation de la nature, c’est une innovation très importante. Une fois ce guide est élaboré et vulgarisé, ça serait déjà quelque-chose qui pourrait contribuer à la protection et la conservation de la nature», a-t-il confié. Diel Mochire Mwenge a aussi salué l’engagement des Confessions religieuses pour la sensibilisation de leurs fidèles sur le régime alimentaire qui cause des problèmes et pour la mise en place des techniques agroforestières, agro-écologiques soutenues par une approche de «permaculture». «(C’est-à-dire) ne pas continuer à couper les forêts en disant, on doit planter sans engrais, on doit chercher là où il y a la fertilité. Ces approches sont des incubateurs de la productivité mais aussi de promotion de la santé et du bien-être», a-t-il souligné.
La protection de la biodiversité et des peuples dépendant de la forêt étant une question cruciale, l’implication active des religieux du Nord-Kivu, surtout avec le guide à produire, est un bel exemple qui devrait faire des émules à travers le pays, sinon, le continent et le monde.
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