L’ancien Président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, a reçu ce jeudi 29 mai 2025, dans l’une de ses résidences à Goma, les leaders des Confessions religieuses de la province. Bien que discrète, la rencontre reste signification, dans un contexte marqué par son retour controversé dans une zone sous contrôle de l’AFC/M23.
Apparu devant la presse pour la première fois depuis plusieurs mois, l’ex-Chef de l’État s’est montré détendu, vêtu d’un costume sombre et rasé de près, ce qui contraste avec son apparence habituelle. Sans faire de déclaration officielle, il a pris la pose devant les caméras en présence du porte-parole du M23, Lawrence Kanyuka, attisant davantage les soupçons de complicité avec le mouvement rebelle.
Un message de paix et d’unité nationale
Malgré le climat tendu et les accusations graves portées contre lui par Kinshasa, Joseph Kabila a profité de sa rencontre avec les leaders religieux pour délivrer un message centré sur l’unité nationale. Selon les témoignages recueillis, il a exprimé trois souhaits majeurs : le retour de la paix, la cohésion nationale, et le vivre-ensemble dans un pays toujours meurtri par des années de conflits armés à l’Est.
« Il est temps que la paix revienne dans cette partie du pays, et dans tout le territoire national. Nous avons besoin de reconstruire notre unité », a déclaré Kabila selon des sources proches de la rencontre.
Les Chefs des confessions religieuses de la province du Nord-Kivu, par la voix de l’évêque Joël Amurani, ont réagi manqué à cet appel : « Pendant 18 ans, il a dirigé ce pays. Il a tout fait pour cette Nation. Nous croyons qu’il a encore ce talent en lui. C’est pourquoi nous lui demandons de jouer un rôle d’arbitre dans la recherche de la paix », a-t-il indiqué, saluant l’initiative de dialogue entreprise par l’ancien président.
Un retour sous tension
Ce retour de Joseph Kabila dans l’arène politique congolaise survient quelques jours après la levée de son immunité parlementaire, votée le 22 mai dernier par un Sénat largement dominé par la coalition au pouvoir. Il est accusé de trahison, de participation à un mouvement insurrectionnel, ainsi que de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Cette décision judiciaire n’a pas surpris les observateurs, tant les tensions entre Kabila et le président Félix Tshisekedi se sont intensifiées ces derniers mois. Kinshasa accuse désormais ouvertement l’ancien président de collusion avec le M23, organisation rebelle soutenue par Kigali selon plusieurs rapports indépendants. Selon diverses sources, Kabila serait même revenu au pays par le Rwanda, via Kigali et Gisenyi.
Quelles que soient les intentions réelles de Joseph Kabila, son retour à Goma, au cœur d’une zone de conflit, accompagné de gestes symboliques forts et d’un discours d’unité, ouvre une nouvelle séquence politique en RDC. Mais elle s’écrit sous haute tension judiciaire, médiatique et sécuritaire. Le pays retient désormais son souffle.
Précieuse PETU