Le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko, a exposé ce mercredi 17 septembre 2025 au Studio Maman Angebi de la RTNC, sa vision pour redresser le secteur de la justice en République démocratique du Congo. Au cours d’un Special Briefing Presse consacré aux priorités de son ministère, il a affirmé que sa première bataille sera de restaurer la confiance des citoyens dans une justice minée par la corruption et le manque de moyens.
« La perception de notre justice, c’est que c’est une justice qui manque d’indépendance, une justice où il y a beaucoup de cas de corruption, où il y a un déficit d’infrastructures et aussi le nombre de magistrats », a déclaré le ministre, avant de préciser : « La corruption, c’est vraiment une priorité qui me concerne. Et pour lutter contre la corruption dans le secteur de la justice, je dois collaborer et travailler avec le Conseil supérieur de la magistrature ».
Au-delà de la question de l’intégrité, Guillaume Ngefa a pointé du doigt la dégradation des infrastructures judiciaires, héritées de l’époque des anciennes provinces, et le manque criant de juridictions adaptées à la nouvelle configuration administrative du pays. La situation carcérale, qu’il a lui-même observée lors de sa mission dans le Haut-Katanga et le Lualaba, a été décrite comme alarmante. « Dans la seule prison de Kasapa, qui héberge plus de 2.600 détenus, on a prélevé 800 cas de tuberculose », a-t-il révélé, plaidant pour un programme d’urgence afin d’éviter que la détention ne se transforme en condamnation à mort.
Parmi les réformes annoncées, le ministre a mis en avant la création d’un parquet financier pour lutter contre les détournements, la digitalisation de l’administration judiciaire afin de préserver les dossiers, et une meilleure régulation des sociétés minières dont certaines échappent encore aux obligations fiscales et environnementales.
Concernant les crimes commis dans l’est du pays, Guillaume Ngefa a insisté sur la compétence pleine et entière de la justice congolaise : « Les violations graves des droits de l’homme, du droit international et humanitaire, sans égard aux personnes qui ont commis ces infractions, seront poursuivies », a-t-il assuré, appelant à renforcer les moyens d’enquête des procureurs.
Sur la tentative du M23 de mettre en place une justice parallèle à travers la nomination de magistrats, le ministre a été catégorique : « La nomination des magistrats revient à l’État. Tous les actes posés par ces groupes sont nuls et de nul effet ».
Son collègue Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a renchéri en soulignant que ces pratiques illégales « dévoilent les vraies intentions du Rwanda et de sa brigade avancée », et que le gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour les annuler.
Osée MABIALA