Dans une déclaration rendue publique le 4 octobre 2025 à Kinshasa, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a lancé un nouvel appel au dialogue inclusif pour sortir la République Démocratique du Congo de ses crises récurrentes. Pour les évêques, seule cette voie permettra « de retrouver l’unité, la paix, le bien-vivre ensemble et l’intégrité territoriale du pays ».
Tout en plaidant pour une démarche politique fondée sur la concertation, la CENCO a réagi au verdict prononcé par la Haute Cour Militaire de Kinshasa à l’encontre de l’ancien président Joseph Kabila. Les évêques déclarent : « Nous sommes horrifiés par le verdict de la Haute Cour Militaire de Kinshasa, à l’issue du procès pénal expéditif engagé contre le Président Honoraire Joseph Kabila, le condamnant à la peine de mort ».
Pour la CENCO, la reprise de la peine capitale constitue « une mesure inhumaine » qui blesse la dignité de la personne humaine et contredit le commandement divin : « Tu ne tueras point ». Les évêques soulignent que la Constitution congolaise consacre la sacralité de la vie, et rappellent qu’ils s’étaient déjà opposés, en mars 2024, à la levée du moratoire sur l’exécution de la peine de mort.
Convaincus que la paix ne peut être obtenue par la force des armes, les évêques appellent les acteurs politiques, la société civile et le peuple congolais à s’engager dans un dialogue sincère et à rejeter toute logique de violence ou de vengeance. Ils insistent : « Un dialogue inclusif reste la voie la mieux indiquée tant pour affronter les causes profondes des crises que pour retrouver l’unité et la paix dans notre pays ».
La CENCO en appelle également à la responsabilité des gouvernants et de l’opposition pour lutter contre la culture de la mort et les risques de balkanisation du pays.
Osée MABIALA