La lutte contre l’épidémie d’Ebola Bundibugyo demeure un défi majeur pour les autorités sanitaires congolaises. Face à une maladie qui continue de toucher plusieurs territoires de l’Est du pays, le gouvernement mise désormais autant sur la prise en charge médicale que sur l’adhésion des populations aux mesures de prévention.

Lors d’un briefing de presse animé lundi à Kinshasa avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, a dressé un état des lieux de la situation épidémiologique. Il a fait savoir que la RDC comptabilise à ce jour 808 cas confirmés et 192 décès liés à cette flambée d’Ebola Bundibugyo.
« Aujourd’hui, nous sommes à 808 cas confirmés et nous sommes à 192 décès confirmés. Nous avons actuellement 363 malades qui sont en isolement parce qu’ils sont confirmés ou parce qu’ils sont suspects. Nous avons aussi beaucoup de cas guéris. Nous sommes au-delà de 50 guéris officiellement. Ce sont tous les morts que nous comptabilisons aussi bien dans les centres de traitement que dans la communauté », a déclaré le ministre.

Les données présentées indiquent également que 363 personnes demeurent sous surveillance médicale en isolement, tandis que plusieurs dizaines de patients ont déjà recouvré la santé grâce à leur prise en charge.
Au-delà du bilan sanitaire, les autorités ont insisté sur un obstacle qui continue de compliquer les efforts de riposte : la méfiance de certaines communautés envers les équipes médicales. Pour Roger Kamba, la circulation de fausses informations et le refus de recourir rapidement aux structures de santé favorisent la propagation du virus.
« Le premier défi, c’est au niveau de la communauté : faire comprendre que ce n’est pas une maladie imaginée ni inventée. C’est un virus que nous avons identifié et décrit dès le premier jour. Nous sommes à 23 % de taux de mortalité, ce qui signifie que vous avez près de 80 % de chances de guérir si vous venez tôt », a-t-il expliqué.

L’épidémie affecte actuellement 31 zones de santé réparties entre l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Pour renforcer la surveillance et accélérer la confirmation des cas, des laboratoires de proximité ont été installés dans plusieurs zones touchées, permettant une analyse plus rapide des échantillons.
De son côté, Patrick Muyaya a appelé la population à privilégier les sources officielles d’information afin de ne pas compromettre les actions menées sur le terrain. Le gouvernement entend poursuivre les campagnes de sensibilisation avec l’appui des médias, des leaders communautaires et des organisations de la société civile.

Alors que la RDC fait face à sa 17e épidémie d’Ebola, les autorités sanitaires estiment que la maîtrise de la maladie dépendra non seulement des dispositifs médicaux déployés, mais également de la collaboration active des communautés concernées. Cette version met davantage en avant le bilan de l’épidémie et la résistance communautaire, tout en reformulant largement les éléments de base pour éviter les ressemblances avec les autres médias.
Osée MABIALA