Entre diplomatie de terrain et blocage, la RDC exige des actes. Lors de passage sur TV5Monde, le porte-paroledu gouvernement a dénoncé le soutien rwandais au M23 et appelé la communauté internationale à dépasser les simples condamnations en imposant des mesures coercitives ciblées contre Kigali.
Le ballet diplomatique s’intensifie dans l’Est de la République démocratique du Congo, où la situation sécuritaire et humanitaire demeure précaire. Ce lundi 5 octobre, trois anciens chefs d’État, réunis au sein d’un panel de l’Union africaine, sont arrivés à Goma pour s’entretenir avec les représentants de l’alliance AFC-M23. Mandatée dans le cadre de la médiation conduite par le président togolais Faure Gnassingbé, cette mission entend impulser une nouvelle dynamique aux efforts de paix dans la région.

Pour le gouvernement congolais, l’enjeu dépasse le cadre des discussions formelles. Interrogé sur TV5Monde, Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a précisé les attentes directes de Kinshasa : « De toute évidence, nous nous attendons à desserrer l’étau sur nos populations qui ploient sous la gouvernance par crime ». Les autorités espèrent que ces pourparlers favoriseront l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, exigeant le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la fin de tout soutien aux rebelles du M23.
Malgré la multiplication des initiatives diplomatiques à Washington, Doha ou Lomé, le constat sur le terrain reste marqué par la persistance des affrontements. Face au scepticisme croissant des observateurs quant à l’efficacité des accords successifs, Patrick Muyaya a pointé la responsabilité du voisin rwandais : « Il est évident qu’il y a un président, en l’occurrence le président rwandais, qui ne veut pas, en réalité, cesser de piller les ressources dans l’Est de la République démocratique du Congo ». Kinshasa affirme respecter ses engagements issus des processus internationaux et réclame des sanctions plus contraignantes contre Kigali.
Dialogue national et cohésion interne
Sur le plan intérieur, le pouvoir tente de maintenir le cap d’un dialogue national, malgré la réticence d’une partie de l’opposition et de plusieurs mouvements politiques. Patrick Muyaya a réfuté l’idée d’un blocage : « Il n’existe pas de boycott ». Il a assuré que les démarches préparatoires se poursuivent afin de garantir la cohésion nationale et de doter le pays d’institutions capables de prévenir les crises récurrentes.
Cette instabilité politique et sécuritaire se double d’une crise sanitaire dans l’Est du pays, frappé par la dix-septième épidémie d’Ebola. Le bilan a franchi le seuil des 4 000 victimes. Pour le gouvernement, la stratégie de riposte menée avec les partenaires internationaux porte ses fruits. Muyaya a relevé une tendance à la baisse dans certains foyers historiques comme l’Ituri, tout en insistant sur la nécessité d’une gestion rigoureuse des fonds mobilisés pour stopper définitivement la propagation du virus.
HRM