Dans un communiqué publié ce mardi 6 octobre 2026, le parti politique Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD), formation dirigée par l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, est monté au créneau pour dénoncer la dégradation du climat sécuritaire dans plusieurs provinces du pays. Le Secrétaire général du parti, Franklin Tshiamala Manyiku, y déplore la « recrudescence des actes de violence, des assassinats et des atteintes à la vie humaine ». Il pointe notamment les récents événements tragiques survenus à Kindu -marqués par la mort par balle d’un moto-taximan et la découverte d’un second corps en décomposition-, à Biakato en Ituri, où un militaire a tiré sur des civils avant d’être lynché, et à Butembo, où l’acteur local Marie-Célestin Karondwa a succombé à une agression mortelle liée à ses prises de parole sur Ebola.
Face à ces drames à répétition, ce parti d’opposition pointe directement du doigt la responsabilité des autorités nationales. Le LGD affirme que « lorsque les populations sont tuées » et « lorsque des éléments armés sont impliqués dans des violences contre des civils, c’est l’efficacité de l’État dans sa mission de protection qui est directement mise en cause ».
Pour remédier à cette situation, l’organisation politique formule une série d’exigences prioritaires. Elle réclame « l’ouverture et l’aboutissement rapide d’enquêtes indépendantes, crédibles et transparentes » afin d’établir la vérité et de déférer les coupables devant la justice.
Le texte insiste également sur « le renforcement immédiat de la discipline au sein des forces de défense et de sécurité » et appelle de ses vœux « la mise en œuvre d’une véritable politique de prévention de l’insécurité », s’opposant ainsi aux simples réactions au coup par coup.
Au-delà des simples constats, le parti de Matata Ponyo insiste sur le principe de redevabilité des dirigeants face aux citoyens. Franklin Tshiamala Manyiku rappelle en effet que « le gouvernement doit rendre des comptes sur les résultats de sa politique sécuritaire ».
Selon le communiqué, « la première obligation d’un État est de protéger la vie de ses citoyens », estimant que « lorsque cette obligation n’est plus suffisamment garantie, les dirigeants doivent rendre compte de leur action et accepter le débat public ». Le parti conclut sur ce point en soulignant que « la RDC n’a pas besoin de nouvelles promesses », mais plutôt de « sécurité, de justice et de résultats ».
Malgré la sévérité de ses critiques envers le pouvoir en place, la formation politique évite l’escalade de la tension populaire. Le LGD « appelle la population à la vigilance, au calme et à la retenue ». Il désapprouve catégoriquement le recours aux vindictes populaires observées sur le terrain, rappelant fermement que « la justice populaire ne peut remplacer les cours et tribunaux ».
Remy NSIMBA