RDC : « N’utilisez pas l’éducation et tout le social comme arme de guerre ou champ de bataille pour vos règlements des comptes », tonne l’archevêque de Bukavu

Une petite guerre sévit dans la guerre à l’Est de la RDC depuis quelques mois sur le front de l’Education et de l’enseignement supérieur. Les protagonistes ? D’un coté le gouvernement central, et de l’autre l’AFC/M23. Et une fois de plus, les enfants et les jeunes en sont victime. Face à la prise en otage de l’enseignement dans les Kivus, Mgr François Xavier Maroy Rusengo, Archevêque de Bukavu, avait lancé un appel vibrant à la raison dans une lettre ouverte publiée le 10 octobre 2026. Il y exhorte les belligérants à cesser de faire de l’éducation le terrain de leurs affrontements.

Pour enrayer cette spirale de violence, l’archevêque en appelle à un acte fort de décrispation des parties en conflit. « Que le plus soucieux du bonheur de ce peuple et de la paix durable dans ce pays remette, le premier, son épée dans le fourreau, son adversaire suivra, et la paix règnera dans toutes nos structures d’enseignements », plaide Mgr Maroy Rusengo.

Cet appel vient au secours d’un système éducatif mis à mal par de récents bras de fer aux conséquences dramatiques. Tenez. Entre le 29 mai et le 25 juin 2026, le mouvement AFC/M23, occupant militairement le Nord et le Sud-Kivu, a unilatéralement nommé du personnel administratif et financier dans les universités de Goma et de Bukavu, avant d’étendre ces décisions le 7 août à dix institutions d’enseignement supérieur. En réaction, le ministère de tutelle a sévi via son communiqué du 10 août 2026, fermant les institutions et invitant les étudiants à s’inscrire dans d’autres provinces. Voilà qui alourdi le fardeau des parents vivant déjà dans un environnement de guerre. Une situation intolérable que condamne fermement l’archevêque : « N’utilisez pas l’éducation et tout le social comme arme de guerre ou champ de bataille pour vos règlements des comptes ». Il supplie les dirigeants d’agir en « parents responsables soucieux de l’avenir de la Patrie ».

Sauver l’année académique

Pour éviter l’asphyxie définitive de la jeunesse, l’archevêque formule un appel pressant à la sauvegarde de l’année académique. Il implore tous les acteurs d’« aider plutôt les parents, les enfants et leurs enseignants à clôturer en toute beauté l’année académique 2025-2026 et à ouvrir paisiblement l’année 2026-2027 pour tous depuis l’école maternelle jusqu’à l’école doctorale sur tout l’ensemble du territoire national ».

Pour ce prélat, cet engagement pour l’avenir de l’instruction trouvait une résonance spirituelle dans le mois d’octobre, mois de la Vierge Marie, du Rosaire, des missions et de la mémoire des évêques martyrs de la région, Mgr Christophe Munzihirwa, Mgr Emmanuel Kataliko et Mgr Charles Mbogha.
« Que ceux qui aiment et veulent nous diriger nous facilitent ces célébrations car pour eux et pour la paix dans le monde, nous prions notre Dieu », lâche l’archevêque métropolitain, rappelant que la survie d’une nation commence par la sanctuarisation de ses écoles et universités.

MATSHI Darnell

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts