Le gouvernement congolais considère avoir fait un pas significatif vers la résolution des hostilités dans l’Est du pays. Ce jeudi 24 avril, au cours d’un briefing organisé au studio Maman Angebi, Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a dressé un bilan du processus diplomatique en cours, marqué par une déclaration conjointe signée à Doha entre Kinshasa et l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC-M23), amorçant un cessez-le-feu effectif et des pourparlers approfondis.
Face à la presse nationale et internationale, Muyaya a souligné l’importance du document signé, déclarant : « Nous ne pouvons pas faire de paix sans compromis. Le communiqué entre les experts du gouvernement et le M23 est une avancée vers la paix. Dans ce contexte, sans cessez-le-feu, nous ne pouvons pas avancer ».
La déclaration conjointe engage les parties à consolider une trêve sur le terrain tout en créant un cadre propice au dialogue. « Le dialogue dont il est question ici, c’est celui entre les signataires de la déclaration conjointe, sous la médiation qatarie », a précisé le ministre.
Ce rapprochement marque une étape importante dans la quête de paix, après des années de refus catégorique de pourparlers avec le mouvement rebelle. Selon Muyaya, ce changement stratégique reflète la nécessité d’explorer toutes les voies possibles pour stabiliser les provinces meurtries de l’Est. « Nous sommes dans un processus qui a commencé depuis longtemps. Nous avons eu beaucoup de progrès », a-t-il affirmé.
Le ministre a également salué les sanctions internationales imposées à Kigali et à ses alliés présumés, citant notamment les décisions des États-Unis, du Royaume-Uni et la détérioration des relations diplomatiques entre la Belgique et le Rwanda. « Des sanctions ont commencé à être appliquées. Les États-Unis ont sanctionné des membres du régime rwandais, y compris un ministre d’État, entraînant des tensions dans les relations bilatérales », a-t-il souligné.
Il a replacé la déclaration conjointe de Doha dans un cadre plus large, affirmant qu’elle s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors de réunions antérieures. « Vous ne pouvez pas interpréter ce communiqué sans considérer le processus de Luanda et ce qui s’est passé le 18 mars à Doha, notamment la réunion des deux chefs d’État et de l’émir du Qatar », a-t-il expliqué.
Patrick Muyaya a également exhorté les médias à jouer un rôle constructif dans ce processus fragile. « Il est essentiel de communiquer avec clarté et de ne pas céder à la vitesse des réseaux sociaux », a-t-il insisté, mettant l’accent sur la nécessité d’une presse responsable pour accompagner la dynamique de paix.
Enfin, il a encouragé les Congolais à reconnaître l’importance de l’étape franchie tout en poursuivant un dialogue sur les causes profondes du conflit. « Le premier pas, celui du cessez-le-feu, a donné des résultats. Maintenant, nous devons prolonger cet effort par un dialogue franc », a-t-il lancé.
Osée MABIALA