Aux Nations Unies à New York, la République démocratique du Congo a formulé une exigence ferme à l’encontre de Kigali. Par la voix de son représentant permanent auprès de l’ONU, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, Kinshasa demande la suspension immédiate de toute nouvelle participation, de tout nouveau déploiement et de toute rotation de contingents rwandais dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies. Cette restriction devra prévaloir jusqu’au retrait formellement vérifié des forces rwandaises du territoire congolais.
Pour la diplomatie congolaise, la présence de casques bleus rwandais sur les théâtres d’opérations internationaux pose un problème de légitimité béant au regard des tensions dans l’est de la RDC. « La participation de nouveaux contingents rwandais aux opérations de paix des Nations Unies serait incompatible avec la situation actuelle sur le terrain », a déclaré l’ambassadeur Mukongo Ngay.
Rappelant la résolution 2773 du Conseil de sécurité, qui exige la cessation du soutien au M23 et le retrait des forces rwandaises, le diplomate a souligné une profonde incohérence. « Un État dont les forces sont mises en cause dans le conflit ne peut, dans le même temps, prétendre contribuer à une opération chargée de préserver la paix et la confiance des populations », a-t-il martelé, insistant sur le fait qu’il s’agit d’une « question de cohérence, de crédibilité et d’exigence éthique pour les opérations des Nations Unies ».
En parallèle, la RDC met en avant le respect de ses propres engagements internationaux dans le cadre du processus de Washington. Kinshasa a souligné la signature de protocoles de désarmement, de démobilisation et de cantonnement visant les FDLR et d’autres groupes dissidents (CNRD, FPP, RUD) en vue de leur retour au Rwanda, parallèlement aux opérations de neutralisation menées avec la MONUSCO.
En conditionnant le déploiement international des troupes rwando-onusiennes au respect strict de sa souveraineté, la RDC renvoie la balle au Conseil de sécurité.
Remy NSIMBA